PHASE III est un projet interdisciplinaire et collectif ; son matériau premier est la ville, son temps, ses espaces – les flux qui l’animent. Le projet s’invente au cœur de la cité, en traduit le rythme et les pulsions, il naît de l’espace partagé de l’agir social, menant à une réflexion sur l’interconnexion des réseaux urbains et humains, hypertextes de pensées, d’expressions et d’actions.

L’espace de monstration expérimental est pensé comme laboratoire, propice à l’hébergement de processus. Ces processus, opérant par décloisonnement des disciplines (musique, photographie, vidéo, poésie, écriture, performance) et par la transgression des frontières, produisent de nouvelles stratégies créatrices pour stimuler réflexion et prise de conscience. L’espace projeté de la pensée, des spéculations, le retraitement des situations, des gestes et des tracés génèrent un lieu potentiel, identifiable comme celui d’un partage du sensible, le lieu de l’expérience, d’un disensus – la rencontre de plusieurs régimes de sensorialité –, des rencontres et des confrontations. Ce contexte expérimental et pragmatique montre que l’art est à la fois une façon de mettre à l’œuvre le mode général de l’expérience vivante, en sorte qu’il est préfiguré dans le processus total de la vie, et une preuve de ce processus, du fait que l’homme emploie les matériaux et les énergies qui s’offrent à lui dans l’intention d’élargir sa propre vie. Au-delà d’une volonté totalisante de refléter le monde tel qu’il s’offre à nous, un tel projet invente et alimente autant de processus, entre spéculations et situations, entre pratique vécue et production de micro-récits d’émancipation, rappelant la nécessité de penser l’art en acte, dans la dynamique vivante de l’expérience.

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